mardi 11 novembre 2014

YI Sun-si et la bataille de Myeongnyang


       La sortie du film « The Admiral : Roarring Current » est l’occasion de revenir sur un personnage important de l’histoire coréenne YI Sun-si, dont de nombreuses statues jalonnent la Corée du Sud, comme cela est déjà mentionné dans notre article sur « Le festival de la grande bataille de Hansan ».

Affiche "The Admiral : Roarring Current" @Hancinema

         La bataille de Myeongnyang survient en 1597, après celle de Hansan où YI Sun-si s’est déjà taillé une réputation d’amiral hors pair, redonnant espoir aux Coréens et faisant naître la peur chez les Japonais.

        Toutefois, son succès fait des jaloux et beaucoup à la Cour voit la prise de pouvoir de YI comme dangereuse. Un agent double japonais tend un piège à la Corée en 1597, affirmant que la flotte japonaise va attaquer. Le roi Sejong envoie alors YI à cette bataille mais celui-ci refuse, sentant l’embuscade de la part de l’espion. La Cour en profite alors pour demander au roi Sejong l’arrestation de YI Sun-si, qui est alors emprisonné et torturé pour refus d'obéir aux ordres. Sa mort est réclamée mais il sera gracié par l’influence de ses amis à la Cour. Cependant, il sera rétrogradé au simple rang de soldat.
La défaite de son successeur lors de la bataille de Chilcheollyang face aux Japonais (leur seule victoire navale durant la guerre Imjin : 1592-1598) et la perte matérielle (la flotte coréenne passe de 150 navires à 13), ainsi qu’humaine (plus que 1500 hommes sur 30 000), propulse YI Sun-si de nouveau à la tête de la force navale.
C’est donc avec ce maigre effectif d’hommes et de bateaux que YI s’engage dans la bataille de Myeongnyang.

        Les chances de victoires sont maigres face à 333 navires japonais (133 bateaux de guerre et 200 bateaux de support), aux hommes motivés par une récente victoire. De plus, des hommes de l’armée de YI Sun-si fuient et certains montent même une mutinerie pour ne pas partir au combat, brûlant le seul bateau tortue de la flotte coréenne. Il ne reste alors plus que 12 navires de guerre.

Image du film "The Admiral : Roarring Current" @HanCinema

        Mais, YI Sun-si va tirer profit des conditions de navigation difficiles  du détroit de Myeongnyang (le courant change de sens toutes les trois heures), pour remporter une victoire qualifiée de miracle.
Face à l’ampleur de la flotte japonaise, les commandants de navires coréens sont intimidés. Seul le bateau de YI s’avance dans le détroit, les autres restant en retrait. L’avant-garde japonaise commandée par Kurushima Michifusa, profitant d’un courant favorable, avance dans le détroit.
L’étroitesse du détroit les empêche toutefois de cerner le navire de YI Sun-si qui s’engage dans une bataille de canons, lui donnant vite l'avantage. Le corps de Kurushima Michifusa est repêché, YI Sun-si décide de planter sa tête au sommet du mât amiral. Cela aura pour effet d’effrayer les Japonais et motiver le reste de la flotte coréenne qui s’avance au côté de son amiral.
C’est à ce moment là que le courant change, à l’avantage des Coréens. Les navires japonais s’entrechoquent entre eux et font face aux tirs de la flotte coréenne. Résultat 31 navires japonais détruits et aucune perte matérielle côté coréen. La force navale japonaise décide de battre en retraite, le moral au plus bas. Par cette victoire, YI Sun-si a également permis la fin de la campagne terrestre car les Japonais envisageaient de s’ouvrir un passage en Mer Jaune afin de pouvoir envoyer de nouveaux hommes et du ravitaillement aux forces à terre. Il n’est pas étonnant dans ces conditions que YI Sun-si soit érigé en héros national coréen.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter ce documentaire coréen en deux parties (sous-titré anglais) :





Petite précision sur la force navale coréenne :

      Ce qui frappe dans le film de KIM Han-min c’est la beauté des navires reconstitués. Les navires de guerre coréens sont appelés « panokseon ».  Ce sont des bateaux en bois de pin, offrant un point de vue surélevé et protégé pour le commandant. La  structure est également très solide et stable. Ce qui n’empêche pas le « panokseon » d’être extrêmement mobile grâce à des voiles et des rames. Ils sont donc particulièrement bien conçus pour des courants difficiles tels que dans le détroit de Myeongnyang. L’autre avantage majeur de ces navires, par rapport à ceux du Japon, est leur capacité de stockage de canons élevés (de 26 à 50 par navire), contre seulement trois ou quatre par navire du côté japonais.

 
Dessin d'un "panokseon" @Wikipédia
Photographie de tournage "The Admiral : Roarring Current" @HanCinema



Sources : Wikipédia, HanCinema.
Article rédigé par Virginie.

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