vendredi 19 décembre 2014

" Le vieux journal " de Lee Seung-U


Je n'ai jamais pu lui dire que j'étais désolé.
Le vieux journal

Tout à coup, comme une explosion, l'odeur des fleurs flétries remplit la pièce. Elle est partout, dans les moindres recoins. L'air devient irrespirable. Il s’adosse au mur et se laisse lentement glisser à terre.
Chez l'autre



On nous répète souvent cette phrase vieille comme le monde "on ne juge pas un livre à sa couverture". Pourtant, j'ai un peu envie de vous dire que ceci n'est pas une vérité absolue. Si ce livre n'avait pas eu la couverture d'une blancheur épurée et d'une simplicité à toute épreuve, alors non, je ne l'aurai jamais pris. C'est bête dit comme ça, mais c'est un peu comme une boutique : si la devanture ne te plaît pas, tu n'y rentres pas tout simplement. Ce livre c'est un peu pareil. Parce que sa couverture m'a plu, j'ai eu cette envie de rentrer dans son monde, d'explorer les différentes histoires, de ressentir quelque chose pour les personnages présents. C'est un feeling, le coup de foudre au premier regard. Maintenant, reste à savoir si cette histoire d'amour ne sera qu'une utopie ou un véritable amour durant contre vents et marées.



- FICHE DESCRIPTIVE -

Titre français : Le vieux journal
Auteur : Lee Seung-U
Histoire de l'auteur : Figure majeure de la littérature coréenne, Lee Seung-U est né à Jangheung en 1959 en Corée du Sud. Après avoir suivi des études de théologie, il est devenu écrivain à temps plein et enseigne aujourd’hui la littérature coréenne et l'écriture. Auteur de plusieurs romans et recueils de nouvelles, Lee Seung-U a obtenu plusieurs prix importants, dont le prestigieux prix Daesan (équivalent coréen du Goncourt) pour l’Envers de la vie. Il est aujourd’hui l’auteur coréen le plus traduit et le plus lu au Japon.
Année : 2013
Maison d'éditeur : Serge Safran
ISBN : 979-1090175136




- RÉSUMÉ -

Mystérieusement disparu, le vieux journal intime de Changki refait surface le jour où ce dernier est appelé au chevet de son cousin. Lui est devenu écrivain, l'autre pas, au prix, pour chacun, de cruelles déconvenues ... Entre un petit frère autiste et des parents absents, une jeune femme est prise comme dans étau ... Expulsé de son foyer conjugal, Seon-ho se réfugie chez une ancienne amie elle-même en exil ...
Les personnages de Lee Seung-U vivent tous des situations à la fois rocambolesques et tragiques. A la limite de l'absurde. Acculés à la dépossession de leurs biens et à l'exil, ils se trouvent mis à mal par des cascades de mauvais coups. Famille, couple; individu même, ne s'en remettent pas.
Face à une licenciement, une rupture, une disparition, aux misères humaines, n'y aurait-il d'autre salut, alors, que dans l'écrit ? Cette tentative de comprendre la trajectoire de toute vie nous dit pourquoi notre présent est parfois si éloigné de notre point de départ ou de la rêvée.



- AVIS -

   Dans ce recueil, aux multiples couleurs, se regroupent huit nouvelles à la fois touchantes, dérangeantes et même de temps en temps complétement farfelues. Un sentiment de déjà-vu, où une simple transaction émotionnelle, procure un certain attachement pour ces petites histoires au caractère épatant dans leur manière d'être. En effet, si elles ont bien un point commun, c'est d'être unique. D'une part, dans le style d'écriture qui change radicalement d'un récit à l'autre, on passe d'un je à un il, et surtout dans le propre destin des personnages qui en est totalement singulier. Ces personnages qui sont d'ailleurs un brin attachants, à tel point qu'on aimerait parfois les détester. Pourtant, il y a aussi un autre point commun : un fil conducteur entre chaque héros. L'auteur démontre parfaitement parmi ses nouvelles que la vie, quelque soit le problème, peut basculer en une fraction de seconde. Sur le coup d'un appel, d'une visite, d'une disparition, dans un quotidien vraiment réaliste à notre propre vie. Dans le fond, le livre porte en lui son lot de moralités aussi bonnes que mauvaises.
   L'écrivain du "Vieux journal" n'a plus rien à prouver, il est incontestablement un maître dans les rêveries d'une réalité concrète. C'est simple, à la fin de chaque nouvelle, il laisse le libre choix au lecteur de se faire sa propre hypothèse, plus ou moins heureuse, plus ou moins chimérique et peut-être même incongrue. Mais, au final, en laissant cette évasion dans ses propres écrits, Lee Seung-U nous heurte à l'imagination de notre propre vérité, qui peut parfois être empreinte à une certaine folie que l'on n'aurait jamais devinée. Sincèrement, j'ai été étonnée de voir mon propre jugement à la fin d'une des histoires, une pensée à l'opposé de ce que j'aurai pu imaginer en temps normal. 
   C'est un livre à avoir sur sa table de chevet, à lire en temps de pluie, et surtout un livre où il est important de se laisser bercer par ses mots, d'imaginer en se laissant vaguer au rythme des histoires avec nos propres opinions. Il est passionnant, et entre nous, je crois que je l'aime.  
 






Article rédigé par Chu Ageha
Source : Serge Safran
Photographie par Un Goût de Corée

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